Guy Debord

Guide psychogéographique de Paris. Discours sur les passions de l'amour, 1957

Pentes psychogéographiques de la dérive et localisation d'unités d'ambiance

©Philippe Magnon

  • Guide psychogéographique de Paris. Discours sur les passions de l'amour, 1957
  • Pentes psychogéographiques de la dérive et localisation d'unités d'ambiance
  • Lithographie
  • Tirage sur papier
  • 59.5 x 73.5 cm
  • 000 00 01

Le Guide psychogéographique de Paris faisait initialement partie d’une sélection de cinq plans réalisés par Guy Debord pour la Première exposition de psychogéographie à la galerie Taptoe à Bruxelles en février 1957. Ceux-ci rendaient compte des expériences de dérive menées dans Paris par les lettristes. Suite au refus de Debord de participer à cette exposition collective (qui réunissait également Asger Jorn, Yves Klein, Ralph Rumney, Michèle Bernstein et Mohammed Dahou), ce collage fut finalement imprimé avec The Naked City en mai, lors d’un séjour avec Jorn au Danemark et édité par le Mouvement International pour un Bauhaus Imaginiste. L’un et l’autre furent ensuite reproduits en 1958 dans l’ouvrage de Jorn Pour la forme, publié à Paris par l’Internationale Situationniste. Réalisé à partir du Plan de Paris à vol d’oiseau édité en 1951 et dessiné par Georges Peltier, ce guide morcelle l’unité souveraine de la carte pour y substituer des « unités d'ambiance » urbaines, avec leurs défenses, leurs entrées et leurs sorties. Le verso de l’édition de 1958 comportait la note suivante : « (…) Sur les plans de Paris édités par le M.I.B.I, les flèches représentent des pentes qui relient naturellement les différentes unités d’ambiance ; c’est-à-dire les tendances spontanées d’orientation d’un sujet qui traverse ce milieu sans tenir compte des enchainements pratiques – à des fins de travail ou de distraction – qui conditionnent habituellement sa conduite ». Sont ainsi retracés les déplacements du dériveur guidé par l’action du milieu géographique sur son « affectivité », aboutissant à une reconstitution psychogéographique de l'espace urbain. Les « passions » reconstruisent ainsi un espace devenu « disponible », un labyrinthe inscrit dans un temps contingent et appréhendé par l’expérience.

Gilles Rion