Kader Attia

Untitled, 2009

©François Fernandez / CCC

  • Untitled, 2009
  • Installation
  • Couscous fin, 20 moules, peinture acrylique noire
  • 15 x 400 x 400 cm
  • 009 70 01

Cette œuvre part d’une réflexion de l’artiste sur les phénomènes d’influences et les signes de réappropriation au sein des espaces culturels. Enfant de l’immigration, élevé entre deux territoires et deux cultures, Kader Attia n’oublie pas combien le voyage de Le Corbusier en Algérie au début des années 1930 marqua profondément sa Charte d’Athènes et donc l’architecture occidentale du XXe siècle. Les principes modernistes du « toit-terrasse » ou de la « façade libre » sont ainsi déjà présents depuis le XIe siècle dans les constructions traditionnelles du désert nord-africain. L’artiste transpose au plan esthétique ce jeu d’influences en construisant une image poétique et sensitive du désert algérien. Un paysage circulaire de dunes est déployé au sol sur 3 mètres de diamètre. Au centre de ce tapis ondulant et baigné d’une lumière chaude sont ménagés des espaces vides qui rappellent, par le tranchant et l’orthogonalité de leurs contours, l’architecture d’un village mozabite. En s’emparant ainsi du vide comme matrice de l’espace construit – donné à voir « en négatif » – et en utilisant des graines de couscous pour figurer le sable, Kader Attia souligne le lien organique et culturel qui sédimente l’architecture au paysage. Ce jeu métonymique d’inversion génère pour le spectateur une expérience visuelle forte, et les contrastes – formels, volumétriques, lumineux – trouvent à se résoudre dans une image d’équilibre et d’harmonie cosmique.

Aurélien Vernant